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Mercredi 28 novembre 2007
Aux origines de l’astrologie, il y a l’observation du ciel. On peut se demander pourquoi des hommes ont ressenti le besoin d’observer les étoiles ? Et pourquoi ils y ont cherché des significations pour leurs propres vies ?
Une des hypothèses que je préfère est que le ciel nocturne et ses étoiles sont la seule chose stable et permanente dans un monde rempli d’ombres et d’inconnues. Il donne une notion d’ordre cosmique qui rassure face au chaos du monde et des peurs de l’esprit.
De la préhistoire, des archéologues ont retrouvé des preuves de l’observation céleste. Une étude récente montre que de nombreux dessins découverts dans les grottes de Lascaux (entre -18000 et 15000 av. J-C), et d’autres grottes de Dordogne reproduisent la position des étoiles du ciel de l’époque (étude archéologique en cours).
 
Au fils des siècles et des millénaires, de nombreuses civilisations ont enrichi l’Astrologie de leurs observations :
- Les Sumériens (la plus vieille civilisation sédentaire, + de 6000 av. J-C), auraient apporté les notions de base de l’Astrologie d’Asie Centrale aux environs de 5000 av. J-C.
- Les Chaldéens (entre 3000 et 2000 av. J-C), nous ont légué les plus vieux documents d’une astrologie déjà très sophistiquée. Il s’agit des "Présages" établis par Sargon l’Ancien et qui datent de 2470 av. J-C. 
- La Mésopotanie (regroupant de nombreux peuples comme les Assyriens, Babyloniens, Sémites, Akkadiens, Chaldéens…), a révélé des trésors archéologiques montrant un savoir avancé en Astronomie et en Astrologie.
- Les Egyptiens, qui ont déjà montré leur savoir étendu en astronomie (division de l’année en 12 mois et du jour en 24 heures), ont pratiqué l’Astrologie de façon secrète, c’est pourquoi, nous n’avons retrouvé aucun nom d’astrologue Egyptien.
 
Pensons un instant à la patience et au temps qu’il aura fallu à ces hommes, pour finir par décrire les cycles planétaires (sachant que Saturne est à peine visible à l’œil nu), la course du Soleil, définir les saisons et les premiers zodiaques…
 
Les astrologues étaient alors des sorciers, chamanes ou médecins, des sages qui, tous conseillés du pouvoir (longtemps, l’Astrologie a été réservée à une élite), devaient savoir lire les présages. Notons qu’à cette époque (et jusqu’à récemment), la distinction entre astrologue et astronome n’existait pas.
 
- Avec les Grecs (Alexandre Le Grand importa l’Astrologie de Chadée), l’Astrologie a grandement profité de leur savoir : plus de précision dans les calculs astronomiques, définition d’une terminologie astrologique et codification du raisonnement astrologique. De plus, Les inventeurs de la démocratie ont fait quitter la sphère royale à l’Astrologie. Enfin, n’oublions Claude Ptolémée qui, avec son célèbre "Tétrabiblos", a recueilli méthodiquement toutes les connaissances acquises à cette époque concernant l’Astrologie. Ce livre sera pendant des siècles la référence dans ce domaine.
- Enfin, avec Empire Romains, l’Astrologie s’est largement répandue et affermie, territorialement et populairement. Le nom actuel des planètes vient de cette époque.
 
Faisons maintenant un saut dans le temps, pour atteindre l’époque passionnante du Moyen-âge.
 
Cette époque est fortement marquée par l’influence de l’Eglise. Bien que tous les hommes d’Eglise n'y furent pas fermement opposés, l’Astrologie soulevait des questions dérangeantes. Si l’homme est déterminé dès sa naissance par son thème natal, il n’est alors plus responsable de ses actes (faute de libre arbitre)… La faute initiale revient, donc, à Dieu lui-même, lors de sa création de l’Homme. De plus, si la prédestination est réelle, quelle est la place à la providence, aux miracles… A l'inverse, le principe de ressemblance du Macrocosme et du Microcosme n’a jamais été remis en cause ! (Rappelons qu’aucun Astrologue n’a jamais été brûlé pour son savoir même au pire temps de l’inquisition.)
 
C’est une des grandes (si ce n’est "LA"), question de l’Astrologie. Dans quelle mesure possède-t-on un libre arbitre ? C’est de cette période du Moyen-âge que provient le fameux adage : "les Astres inclinent mais n’obligent pas".
 
- Le Moyen-âge fut une période de grand développement de L’astrologie. Elle fut enseignée, en tant que science humaine, dans les Universités (et à la Sorbonne à Paris). En Italie, à l’école de Médecine de Bologne, il était affiché "Un doctorat sans Astrologie est comme un œil qui ne peut pas voir" (13ème siècle).
Le 12ème siècle voit la traduction des manuscrits d’astrologie Arabes en Latin (la précision de leurs calculs astronomiques était très recherchée).
L’Astrologie a profité de nombreux mécènes car tous les grands personnages attachaient un astrologue à leur suite.
 
- La Renaissance fut un âge d’or pour l’Astrologie, les astrologues faisaient partie de "l’intelligentsia". Les scientifiques de l’époque étaient dits "universels" car leur savoir n’était pas spécialisé. Des grandes découvertes, l’astrologie n’était pas mise à part mais les intégrait. Astrologues et scientifiques (comme on l’entend aujourd’hui), savaient travailler ensemble. Pensons à Copernic qui a confié l’édition de "Des révolutions des Objects Célestes" à Rhéticus, son ami astrologue, à l’astrologue (et astronome), Tycho-Brahé qui fut le maître de Képler, Luther que préfaça le livre d’Astrologie de Johannès Lichtenberger… Les exemples sont trop nombreux pour tous les énumérer.
Malgré quelques attaques contre l’Astrologie (Commission de l’index en 1583, la bulle de condamnation des astrologue par le Pape Sixte-Quin en 1586), aucune ne sera jamais suivie d’effet. L’astrologie était dans la culture populaire et protégée par les Rois (François 1er, Henri III, Catherine de Médicis…).
 
- A partir du 17ème siècle, un long déclin de l’Astrologie commence.
En 1647, Colbert supprime l’Astrologie des cours de la Sorbonne et des grandes Universités (en 1650 la scission est bel et bien consommée et, désormais, les nouveaux astronomes ne daigneront plus pratiquer l’Astrologie), et en 1666, il l’achève lors de la création de l’Académie des Sciences en l’excluant des disciplines reconnues comme "sciences".
Bien que certains scientifiques aient continué à l’étudier, l’astrologie était tombée dans la clandestinité et "l’occulte".
 
- Le 20ème siècle marque un renouveau pour l’Astrologie. Des précurseurs ont fait revenir l’astrologie sur le devant de la scène, par la presse (l’anglais Alan Leo et sa revue "Modern Astrology" ), et aussi par une nouvelle approche de l’Astrologie plus scientifique grâce aux contrôles par le calcul des probabilités. En 1924, Le Commandant Paul Choisnard, ancien polytechnicien, publia "l’influence astrale et les probabilités", travaux qui seront repris et améliorés par d’autres scientifiques (comme Vauquelin), toujours utilisés aujourd’hui.
De nombreux hommes de grandes qualités ont travaillé à la réhabilitation de l’Astrologie : Volguine, Ruperti, Barbault, Arroyo et, le plus grand, Dane Rudhyar (1895-1985). Des non-astrologues ont aussi apporté leur soutien comme Carl Gustave Jung (qui échangea de nombreuses correspondances avec Arroyo).
Le travail de ces hommes et peut-être aussi une nouvelle peur en l’avenir, font que la Belle Epoque fut le début d’un renouveau pour l’astrologie, confirmé après la seconde guerre.
Mais le 20ème siècle marque aussi de nouvelles utilisations de l’Astrologie :
La propagande astrologique qu’ont utilisée les Nazis (notons que les Anglais l’ont aussi utilisée de manière inverse pour casser le moral des troupes allemandes).
Et l’Astrologie purement commerciale (est-elle vraiment nouvelle ?), faite par des ordinateurs…
Par Nicolas FABRE - Publié dans : Découvrir l'Astrologie
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