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Mardi 8 janvier 2008

Voici la question polémique de l’Astrologie, celle qui a concentré toutes les plus grandes attaques contre elle et alimenté les disputes entre passionnés et détracteurs.

Prédestination ou libre-arbitre ?
Au Moyen-âge, déjà, l’église a fortement attaqué les astrologues sur ce sujet. La prédestination était contraire aux notions de providence et de miracles. De plus, elle rejetait les fautes des hommes sur leur concepteur, Dieu lui-même ! Aujourd’hui, le monde scientifique continue le combat.

 


Il faut dire que les astrologues eux-mêmes sont divisés sur le sujet. Il est vrai que la connaissance du destin de chacun peut apporter un certain pouvoir (et des revenus régulier), à l’astrologue car il est plus facile de consoler et plaindre ses consultants plutôt que de leur expliquer le pourquoi du comment de leur vie et la liberté créatrice qu’ils possèdent en eux !

 


A ce sujet, il faut rendre hommage à Dan Rudhyar, astrologue Américain (Français d’origine, décédé en 1985), qui, à travers ses livres, conférences, séminaires et ateliers tenus partout dans le monde, n’a cessé d’expliquer, en long en large et en travers, en quoi consistait le libre arbitre et comment s’en servir.


Si l’Astrologie est au cœur de cette polémique, c’est bien parce qu’elle est directement concernée par la question de la prédestination de l’Homme ou de son libre-arbitre, question réservée culturellement aux religions et de plus en plus à la science.

C’est donc en me basant sur mes connaissances en Astrologie que je vous expose mes réflexions et méditations sur ce sujet vaste et épineux.

 

LA PRÉDESTINATION

 
Pour bien comprendre ce dont on parle, commençons par reprendre la définition du Petit Larousse afin d’avoir tous le même langage :

- "Prédestination = détermination fatale et immuable d’événements futurs, heureux ou malheureux, mais fixés d’avance – Destin".

 
Notre patrimoine génétique et le milieu social dans lequel nous grandissons sont deux faits qui plaident en faveur de la prédestination. Nous sommes "signés" par notre physique, nos talents ou nos tares, notre santé… Nous ne sommes pas égaux dès la naissance et face à la vie. De plus, nous n’aurons pas les mêmes chances de développer notre potentiel natal selon notre milieu social. L’accès à la culture, aux grandes écoles, aux arts, l’influence des amis, notre passé même… sont autant de facteurs qui accroîtront ou freineront le développement de la personnalité, de l’intellect ou des dons.

 
La prédestination d’un être est la première chose qu’un astrologue peut voir dans son thème natal ; le chemin de vie y est clairement tracé. Nous avons tous vécu des périodes où les évènements se succédaient, comme un tourbillon, sans qu’on n'ait aucune prise sur eux. C’est la prédestination qui nous joue des tours.

D’autres événements sont vissés, visibles et prévisibles, comme les deuils ou les pertes. Ils font partie de notre chemin de vie sans que l’on puisse se demander pourquoi... nous ne pouvons qu’accepter la réalité.

 
Tout ceci forme un cadre dans lequel nous vivons. Il serait facile de se résigner à la fatalité et la désespérance, mais il faut aussi reconnaître que, dans ce cadre, le libre arbitre existe bel et bien. Un bon astrologue doit travailler à découvrir et révéler ces points de libre-arbitre.

 

LE LIBRE-ARBITRE


Continuons avec la définition du libre-arbitre de notre Petit Larousse :

- "acte volontaire qui dépend d’un choix personnel, sans influence extérieure".

J’aimerais ajouter à cette définition l’importance de l’influence intérieure car c’est là qu’intervient principalement l’Astrologie.

Arbitrer, c’est décider en toute conscience et objectivité. Notre nature primaire (instinct, pulsion, réactions épidermiques…), nous pousse à répéter toujours les mêmes erreurs et, même parfois, les erreurs de nos parents.
Nous posons alors des actes dont la durée des conséquences limitera d'autant plus notre liberté, c’est la responsabilité. Par exemple, mettre un enfant au monde nous rend responsables de lui pour, au minimum, 18 ans. Toute notre vie, nous prendrons ce type de décision : se marier, changer de travail, faire un crédit…


Sans une claire conscience de nos actes, nous subirons leurs conséquences sans les comprendre. Nous pourrons accuser la Terre entière, cela n’y changera rien. Cette approche est un peu pessimiste mais il faut reconnaître qu’au fur et à mesure que nous grandissons, nos rêves d’enfants sont abandonnés, nos révoltes d’adolescents sont maîtrisées et notre vie matérielle et nos responsabilités finissent par étouffer notre liberté. La porte est alors grande ouverte aux tornades du destin… mais ce ne seront que les conséquences de nos actes.


Il est, hélas très facile avec l’Astrologie de prévoir les conséquences de nos actes mais ceci n’est pas de la prédestination : c'est de la pure logique !

Comme un tableau, la toile nous est donnée et nous sommes libres de peindre ce que nous voulons (même nos rêves).


Où est donc la liberté ?

La liberté ne va pas de soi, elle se conquière. Nous ne naissons pas libres ; il suffit, pour le constater, de compter les nombreux pays où la liberté est brimée. Sans conscience, la liberté n’existe pas. C’est pour cela qu’une dictature attaquera toujours en premier les intellectuels et les artistes. 

Nous devons aussi la conquérir sur nous-mêmes. Même en étant conscients de tout, nos peurs, nos pulsions et/ou notre paresse peuvent biaiser la décision finale. Nous serons alors conscients d’avoir fait une bêtise !

Les grandes décisions de la vie (celles qui auront de longues conséquences), posent toujours la question de la liberté. Est ce qu'elles seront créatrices de liberté ou, à l'inverse, une prison dans laquelle s'enfermer ? Nous avons réellement le choix !


TOUS EGAUX ?


Bien évidemment que NON !

L’inégalité ne peut se réduire qu'en développant la CONSCIENCE.

Par exemple, un complexe –a priori paralysant- peut devenir un moteur en nous rendant conscients de la liberté qu’il nous ôte. Inversement, la douceur et la facilité de vivre peuvent nous faire poser de nombreux actes inconscients qui, avec le temps, nous étoufferont par la succession cumulative de leurs conséquences.


Cela dit, il faut bien constater que l’être humain a une peur viscérale de se faire mal et l’effort conscient est douloureux. C’est pour cela que nombreux seront ceux qui choisiront le chemin de la facilité, de la paresse, de la manipulation, s’aveuglant soigneusement sur leurs ressources les plus réelles mais les plus cachées. Sachant que les récompenses de la conscience sont, à moyen ou long terme, les meilleures compagnes, à savoir, le rayonnement, la sérénité et la générosité.


Plus le temps passe, plus la conscience est difficile à reconquérir (il est parfois difficile de voir nos erreurs), comme la liberté, qui est soumise aux conséquences des choix passés (nos responsabilités aussi, sont difficiles à reconnaître) et comme notre force qui est soumise à l’usure du temps (ça, tout le monde le ressent).



EN CONCLUSION

 
Si nous regardons bien nos vies, la prédestination et le libre-arbitre s’interpénètrent constamment. Nous vivons des moments de choix importants et d’autres où les conséquences sont à assumer. Seuls la conscience et l’auto-contrôle de nos vies peuvent éviter qu’elles se déroulent à 100 % telles qu’elles sont programmées dès la naissance.


Comme Shakespeare le faisait dire au "Roi Lear" :

- "Nous ne sommes maîtres ni de notre venue sur cette terre, ni de notre départ. Notre seule liberté est de bien mûrir !"...


A travers l’écriture, des questions sans réponse demeurent ; en voici quelques unes :

- Pourquoi refusons-nous la conscience ?

- Pourquoi préférons-nous être dirigés plutôt que libres et responsables ?

- Quelles sont les peurs fondamentales qui nous l'empêchent ?

- Est-ce que la confiance en la providence nous libèrerait de ces peurs ?

 

Par Nicolas FABRE - Publié dans : Découvrir l'Astrologie
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